Champs électromagnétiques et santé
Écrit par Claude Bossard   
Rayonnement antennes

Les densités des rayonnements électromagnétiques dans notre environnement sont en forte augmentation.

Ces pollutions électromagnétiques omniprésentes portent atteinte à notre santé.

Les plus importantes proviennent :

  1. Des réseaux et appareils électriques (fréquence 50 hertz).
  2. Des systèmes de télécommunication : téléphonie mobile, Wi-Fi, etc…(hyperfréquences).

Champs électromagnétiques 50/60 hertz et cancer

Des centaines d’études scientifiques concernant les risques biologiques des champs électromagnétiques, de fréquence 50/60 hertz, ont été publiées. Une grande partie porte sur la relation entre exposition aux champs électromagnétiques et risques de cancers.rayonnement maison

Selon le CIRC (Centre International de Recherches sur le Cancer), l’exposition à un champ magnétique de 4 mG multiplie par 2 le risque de leucémie chez l’enfant.

Aux USA, un rapport préliminaire du National Council on Radiation Protection and Measurements (NCRP), en 1995, recommandait de fixer à 2 milligauss la limite pour les champs magnétiques dans les lieux sensibles tels que les hôpitaux et les écoles. Mais ce rapport n'a pas eu de suite.

D’après une synthèse effectuée par Roger Santini, professeur et chercheur à l’INSA de Lyon, plus d’une étude sur deux montre une association significative entre l’exposition à un champ électrique ou magnétique de 50/60 hertz et l’apparition d’un cancer.

L'étude la plus marquante est celle de FEYCHTING et ALHBOM (1992) de l'Institut Karolinska de Stockholm. Elle concerne une population de 436 000 personnes vivant à moins de 300 mètres d'une ligne à haute tension entre 1960 et 1985. Cette étude conclut à une augmentation du risque de leucémie chez les enfants de moins de 15 ans, proportionnelle à l'intensité du champ magnétique auquel ils sont soumis. Pour une exposition moyenne supérieure à 1mG, le risque relatif est de 2, il devient respectivement 2,7 et 3,8 pour des valeurs de champ magnétiques supérieures 2 et 3 mG. Cette étude montre aussi une augmentation du risque de leucémie pour l'adulte lors d'expositions à un champ magnétique égal ou supérieur à 2mG. Pour l'épidémiologiste Michel Goldberg, directeur de l'unité 88 de l'INSERM, «sur le plan méthodologique, c'est l'enquête épidémiologique la plus convaincante jamais publiée sur le sujet».

Les perturbations les plus fréquentes

A propos des champs électriques et magnétiques, on parle surtout des risques de cancers. Il s'agit des risques majeurs. Ils sont les plus étudiés et donc les plus connus. Mais d’autres troubles sont bien plus fréquents. Une enquête du Dr L. BONHOMME-FAIVRE, de l'hôpital Paul Brousse, en 1998, au sujet de 13 personnes exposées, en milieu professionnel, au champ magnétique d'un transformateur, montre une augmentation significative de troubles neurovégétatifs, hématologiques et immunologiques. En URSS, et dans les pays de l'est, contrairement aux pays occidentaux, on s'est préoccupé depuis longtemps des incidences des CEM sur les troubles neurologiques. Deux savants russes, Asanova et Rakov mentionnent, dès 1966, chez des travailleurs exposés aux CEM, des symptômes neurologiques : fatigue, maux de tête, nervosité, diminution de la libido.

Une étude menée par le Dr De-Kun Li, épidémiologiste au Kaiser Foundation Research Institute, montre un doublement du risque de fausse couche chez les femmes qui ont été exposées régulièrement, à des pics de champs magnétiques 60 hertz, à partir de 16 mG. Le risque est accru pour des expositions pendant les 10 premières semaines de la grossesse.

Les troubles les plus fréquemment constatés sont tous ceux que l'on classe dans la famille des troubles neurovégétatifs (troubles du sommeil, fatigue chronique, maux de tête, nervosité, stress). En occident, ils sont peu étudiés car on les considère comme trop subjectifs.

Souvent on observe ces troubles chez les personnes exposées aux CEM et on constate leur disparition après suppression des champs électriques ou magnétiques.

Les effets biologiques des hyperfréquences

L'utilisation massive des téléphones portables est un phénomène récent. Nous n’avons pas suffisamment de recul à propos des effets à long terme. Mais on constate que c’est en Australie, où le ce téléphone est en usage depuis 20 ans, que les problèmes apparaissent plus massivement.
Des études et des enquêtes sur les effets biologiques des hyperfréquences nous donnent des éléments importants sur les risques.rayonnement téléphone Wifi

  • Les utilisateurs de téléphone portable se plaignent de troubles tels que céphalées, sensation de chaleur, picotements au visage (rapport australien : Mobile phones and their transmitter base stations. The evidence for health hazards).
  • Une enquête effectuée par Roger SANTINI, en 2001, montre, chez les riverains des stations relais, une augmentation significative des symptômes suivants : fatigue, maux de tête, sommeil perturbé, tendance dépressive, sentiment d'inconfort, difficultés de concentration, perte de mémoire, vertiges. Ces symptômes sont observés jusqu'à la distance de 200 à 300 mètres pour la fatigue. Les maux de têtes, les perturbations de sommeil et le sentiment d'inconfort sont fréquents jusqu’à 200 mètres.
  • Une enquête effectuée en Espagne donne des résultats similaires.
  • Une étude portant sur 10 personnes volontaires exposées aux ondes d'un téléphone mobile met en évidence une augmentation de la fréquence des ondes cérébrales de type alpha.
  • Les hyperfréquences inhiberaient la mélatonine, ce qui aurait pour effet d'augmenter le nombre de radicaux libres et d’affaiblir les défenses immunitaires.
  • L'exposition aux hyperfréquences de faible intensité est comparable à une situation de stress se traduisant en particulier par l'augmentation de récepteurs cérébraux impliqués dans l'anxiété.
  • Les hyperfréquences à faible densité d'énergie ont des effets sur certains types de récepteurs du cerveau (récepteurs opioïdes et cholinergiques) qui contrôlent l'état dépressif chez l'homme ainsi que les capacités d'apprentissage et de mémorisation chez l'animal.
  • Les hyperfréquences modulées en extrêmement basses fréquences perturbent les mouvements cellulaires de l'ion calcium.
  • Des signes d'accélération de processus physiologiques faisant penser à un vieillissement plus rapide des sujets exposés sont observés lors d'expositions de longues durées aux hyperfréquences.
  • Un signal hyperfréquence de 915 MHz modulé en extrêmement basses fréquences augmente chez le rat la perméabilité de la barrière hémato-encéphalique.
  • Des souris soumises à une émission hyperfréquence de type GSM (900 Mhz) présentent une augmentation significative du risque de lymphomes.
  • Une observation publiée en 1998 dans un journal médical australien fait état d'un lien possible entre l'augmentation du nombre de tumeurs cérébrales dans l'ouest australien (de 1982 à 1994) avec le développement de l'utilisation du téléphone mobile.
  • Une étude du docteur suédois, Lennart Hardell, montre une augmentation des tumeurs au cerveau (jusqu'à 2,5 fois) chez les utilisateurs de téléphones portables.
  • Une augmentation significative (de 3 fois) du mélanome de la peau a été mise en évidence chez les travailleurs suédois des télécommunications.
  • Une augmentation significative (de 3 fois) du risque de cancer testiculaire est observée chez les travailleurs exposés aux hyperfréquences et aux ondes radio.
  • Des signes d'accélération de processus physiologiques faisant penser à un vieillissement plus rapide des sujets exposés sont observés lors d'expositions de longues durées aux hyperfréquences.
Les ondes électromagnétiques affectent surtout le système nerveux (sensations de fatigue, troubles du sommeil, maux de tête, difficultés de concentration, pertes de mémoire) le système endocrinien et le système immunitaire.

Champs électromagnétiques et modification du terrain

Les effets des CEM sur le terrain concernent essentiellement les perturbations des défenses immunitaires.

  1. De nombreuses études ont été réalisées sur les effets des CEM sur la sécrétion de mélatonine. Les rayonnements électromagnétiques perturbent le fonctionnement de la glande pinéale ou épiphyse, et réduisent ainsi la production de mélatonine. Or cette hormone joue un rôle essentiel dans les défenses immunitaires et elle a en particulier une action anticancéreuse.
  2. L'exposition aux champs magnétiques favorise la production de radicaux libres et accroît leur durée de vie. L'excès de radicaux libres a des conséquences néfastes sur la survie et la prolifération cellulaire.
  3. Les CEM provoquent une diminution des lymphocytes T chez l'homme et chez l'animal.

L’hyperélectrosensibilité

Les sensibilités individuelles aux champs électromagnétiques sont très variables. Certaines personnes sont très perturbées par des champs électriques ou magnétiques, même très faibles. On parle alors d'hyperélectrosensibilité ou d'allergie aux CEM. rayonnement wifi

Très souvent, l’hyperélectrosensibilité apparaît après une forte exposition au CEM. Il y a alors une modification du terrain qu’on connaît très mal. On constate des similitudes entre hyperélectrosensibilité et le syndrome d’hypersensibilité chimique…

L'hyperélectrosensibilité est une sensibilité physiologique caractérisée par des symptômes dont l'apparition est directement liée à l'exposition aux champs électromagnétiques. Cette sensibilité peut se manifester pour des fréquences particulières de CEM ou pour l'ensemble des fréquences.
Elle peut se traduire par une grande variété de symptômes: maux de tête, vertiges, nausées, sensations de chaleur, de brûlures, de picotements, rougeurs de la peau, faiblesse, fatigue, tensions musculaires, douleurs des articulations, bourdonnements d'oreilles, anomalies du rythme cardiaque, problèmes d'équilibre, dépression, difficultés de concentration, troubles du sommeil.

Dans les lieux de vie de ces personnes et aussi sur leurs lieux de travail, il faut éliminer tous risques d’expositions aux CEM
L’électrosensibilité concerne une population relativement importante. De nombreuses personnes ont été atteintes d’hyperélectrosensibilité après une exposition excessive aux CEM.