« Immunité relationnelle » et élixirs floraux
Écrit par Jacques David   
Fonction de protection, le système immunitaire trouve son prolongement naturel dans nos comportements : dois-je me protéger ou au contraire accepter telle situation, et à quel degré ? En mieux dosant l’eau et le feu en nous, les élixirs floraux peuvent nous aider à rétablir notre « immunité relationnelle ».
L’immunité, pierre angulaire de notre survie, apparaît tout d’abord comme la quadrature du cercle. Elle demande en effet de concilier l’inconciliable, à savoir : souplesse et rigidité. Si l’ouverture au monde nous permet d’y puiser la base même de notre vie, grâce à la respiration et à l’alimentation, cette ouverture doit être contrebalancée par la rigueur et la discrimination les plus extrêmes : pas question de laisser pénétrer ou survivre dans l’organisme des substances ou hôtes indésirables.

En réalité, il n’y a pas contradiction entre ces deux pôles, mais une totale complémentarité... tout au moins lorsque tout va bien. La maladie, c’est l’un des deux pôles qui prend le pas, ou leur alternance anarchique.

On retrouve cette apparente contradiction, inscrite en lettres d’eau et de minéraux, au plus profond de nos cellules : le corps humain étant composé en majeure partie d’eau, nous sommes tous de l’« eau rigidifiée ». L’eau, chef-d’œuvre de souplesse et d’adaptabilité, prend la forme du récipient dans lequel elle se trouve. Pour devenir un humain vivant, il lui faut cependant acquérir une forme suffisamment précise et stable, autrement dit : une identité. Dont un visage reconnaissable, par exemple ; tout de même plus pratique pour garder le contact avec ceux que l’on aime...


Une affaire d’eau solide

Nous nous promenons donc dans la vie avec notre eau bien rangée dans un nombre ahurissant de cellules microscopiques, ou circulant ici et là : quelques litres de sang, quelques litres de lymphe d’une sorte, encore quelques litres de lymphe d’une autre sorte. Des parties rigides, mais pas tant que cela, font circuler le tout. Le cœur, par exemple, est assez rigide pour pousser le sang, mais assez souple pour se « remettre en place » et recommencer.

L’immunité se résume à ceci : « une affaire d’eau solide, dans un monde qui bouge ». En effet, nous devons préserver notre vie et notre identité dans des conditions essentiellement fluctuantes. Nous devons donc à la fois nous adapter en faisant preuve de flexibilité, et rester rigides malgré tout, sinon c’est la déstructuration.

Il y a deux échecs possibles de l’immunité, diamétralement opposés. L’un consiste à s’arc-bouter contre l’extérieur : plus rien ne peut entrer, malheureusement les bonnes choses non plus. L’autre consiste à se ramollir et devenir excessivement perméable, jusqu’à se dissoudre.

L’immunité, clé de l’équilibre sur tous les plans

Ce schéma est valable pour tout être vivant, mais chez l’être humain il donne lieu à des développements spécifiques. En effet, les plans émotionnel et mental reprennent, sur des octaves plus élevées, cette même complémentarité de base entre le souple et le dur.

Le système immunitaire, qui nous permet de préserver notre intégrité interne, ou « homéostasie » (étymologiquement « même (homéo) et état (stasie) »), est aussi la clé de notre comportement relationnel, il en est indissociable : il existe une immunité relationnelle comme il existe une immunité contre les infections.

L’immunité relationnelle consiste à savoir préserver son identité dans la relation, tout en restant ouvert à celle-ci. Tout déséquilibre dans un sens ou dans l’autre se répercute immédiatement sur l’immunité physiologique.

Comment rééquilibrer l’immunité relationnelle ?

Les fleurs de Bach, système thérapeutique mis au point par le médecin gallois Edward Bach, ont ce grand avantage d’agir directement sur les sphères émotionnelle et mentale, qu’elles réharmonisent sans risque de nocivité [2]. Elles le font sur un mode vibratoire, qui fait appel à la « mémoire de l’eau », c’est-à-dire la capacité de l’eau à mémoriser et restituer des informations, comme pour un enregistrement musical : celui-ci consiste en une série de « déformations » d’un support physique, déformations qui ne peuvent être pesées ou analysées chimiquement.La gamme des fleurs de Bach offre de multiples possibilités, et au-delà des 38 « parfums » étudiés par le Dr Bach, il existe d’autres élixirs floraux intéressants, développés par d’autres chercheurs après la mort d’Edward Bach. Mais deux des 38 de Bach s’adressent de façon évidente à cette problématique Eau / Feu, ou souplesse / dureté.

Eau et Feu : l’apport de la médecine énergétique chinoise

Cette approche personnelle de la médecine chinoise, basée sur de longues recherches et une tout aussi longue vérification en patientèle, m’a permis d’associer les élixirs floraux aux méridiens d’acupuncture et au cycle saisonnier. L’aspect purement médecine chinoise dépasse le cadre de cet article, il sera présent ci-dessous de façon très résumée, sous les termes génériques « feu » et « eau ». Notons que ces termes impliquent des fonctions très concrètes de l’organisme, actives et présentes sur tous les plans, y compris le plan physiologique, puisque les « points d’acupuncture », centres énergétiques dont la stimulation rééquilibre la santé aussi bien physique que mentale ou émotionnelle, ont une existence électrique clairement démontrée. Ces deux termes ne sont donc pas uniquement des « images » à rôle pédagogique, même s’ils ont aussi ce rôle.


Centaury : excès d’eau

« Bons, tranquilles, doux, ces gens sont extrêmement anxieux de rendre service aux autres. Ils se surmènent et présument trop de leurs forces. Ils veulent trop en faire et deviennent plus des serviteurs que des aides bénévoles. Leur bonne nature les pousse à assumer plus que leur part de travail et, ce faisant, ils peuvent en arriver à négliger leur propre mission particulière en cette vie » [3].

Le sujet qui a besoin de l’élixir Centaury souffre d’un excès de la fonction Eau. Excessivement malléable et empathique, il se met à la place de l’autre, s’identifie à lui, ressent ce qu’il ressent. Il perçoit la structure de l’autre comme plus valable que la sienne, le point de vue de l’autre comme plus important que le sien. Il en arrive à ne pas reconnaître son propre droit à l’existence, ses propres besoins les plus légitimes. Cet excès de plasticité, cette compassion pathologique, le transforment en ce que le Dr Bach appelait un « paillasson », et le jettent en général dans une forme ou une autre d’esclavage.

La prise de l’élixir n’aura ni pour but ni pour résultat de transformer ce sujet en un monstre d’égoïsme, mais de lui redonner une capacité de tri et de discrimination, de le rendre à nouveau capable de dire « non » ou « stop ». Une fois rééquilibré, le sujet Centaury sait se préserver, ce qui lui permet de donner à bon escient. En somme, il retrouve son identité perdue.

Holly : excès de feu

« Pour ceux qui sont parfois assaillis de pensées telles que la jalousie, le désir de vengeance, la suspicion » [4].

Diamétralement opposé au type « Centaury-négatif » vu précédemment, le type « Holly-négatif » (c’est-à-dire la personne ayant besoin de cet élixir) souffre d’un excès de passion et d’affirmation de soi. Ses points de vue en forme d’explosion de cocotte-minute sont pour le moins dénués de toute aquatique souplesse ! Ici ce n’est pas la fonction Eau qui est en excès, mais la fonction Feu, celle qui permet d’exprimer son point de vue avec... feu, voire avec violence.

Précisons que la fonction Feu au sens où je la conçois renvoie également à la notion de structure et de rigidité. De façon imagée, le feu n’est pas seulement ce qui brûle, mais aussi ce qui fait une distinction nette entre le brillant (la flamme) et l’obscur, ou entre « ce que je peux consumer », qui par conséquent est bien et bon, et « ce que je ne peux pas consumer », qui est mauvais ou toxique pour moi puisque cela va contre ma vitalité. La fonction Feu renvoie donc également à la notion de discrimination vue ci-dessus : faire le tri, aussi bien sur le plan physiologique que relationnel, émotionnel ou mental, entre ce qui est bon pour moi et ce qui ne l’est pas.

La prise de l’élixir Holly permet de temporiser la discrimination trop poussée ou trop systématique, qui fait rejeter le point de vue de l’autre de façon plus ou moins excessive, voire violente. Le résultat de sa consommation ne sera pas de produire un mollusque. La fonction Feu ne sera pas supprimée, mais rééquilibrée par l’introduction de son complémentaire naturel, la fonction Eau qui permet de percevoir aussi le point de vue de l’autre, son droit à l’existence et à une identité propres.

Vine : autre excès de feu

Là où le sujet Holly-négatif est explosif, le sujet Vine-négatif est autoritaire et cassant, c’est le tyran qui décide de tout et dirige tout du haut de son autorité. Nous retrouvons à nouveau la fonction Feu en excès, avec une affirmation de soi excessive et un manque de souplesse et d’empathie. Bien que les deux remèdes soient extrêmement différents, ils sont également très proches. Tous deux ont en effet en commun cette notion d’affirmation excessive, sur le versant rigidité pour Vine, sur le versant violence pour Holly.


L’interdépendance

Cette approche forcément brève des possibilités des fleurs de Bach en termes d’immunité nous permet de vérifier le principe de base de la florathérapie : l’interdépendance du physique, de l’émotionnel, du mental.

Le sujet Centaury-négatif voit son système immunitaire déprimé, flasque comme une eau stagnante et omniprésente, qui a éteint tout le feu vital. C’est un sujet extrêmement fatigué, pâle, comme vidé de tout feu. Il succombe facilement à toute épidémie qui passe. Le sujet Vine souffrira de rigidité physique, reflet de sa rigidité mentale. Le sujet Holly sera sujet à des problèmes d’allure explosive, dus à un système immunitaire qui réagit en excès ou à contre-temps. Holly comme Vine auront des inflammations ou des douleurs violentes, flambant brutalement chez un sujet d’apparence robuste : signes d’un système immunitaire en excès de Feu.

Un système immunitaire sain : le contraire de l’unijambisme

Mais il serait erroné de cantonner le système immunitaire au simple rôle de chien de garde, chargé d’être accueillant avec les uns, hostile avec les autres. Certes c’est l’un de ses aspects, mais au-delà de cette nécessaire fonction de filtrage, le système immunitaire pose de façon générale la question de l’intégration de toutes nos facultés en un chœur polyphonique. La santé, d’une part, l’équilibre personnel, d’autre part, sont trop souvent conçus de façon « unijambiste », conception justement révélatrice d’un cloisonnement mental qui fait des ravages dans l’espèce humaine.

L’exemple de « Vine » vu ci-dessus permet bien de comprendre que la meilleure façon de faire preuve d’autorité est dans certain cas de faire preuve de plasticité. Il n’y a pas compétition entre la jambe droite et la jambe gauche mais coopération. Autorité et séduction sont les deux formes indissociables d’un même thème relationnel, la seule question valable n’étant sûrement pas : laquelle choisir, mais bien plutôt : comment les doser à un moment donné.

Vu sous cet angle, tout problème émotionnel, mental, ou relationnel, se ramène à un problème d’intégration de nos diverses composantes internes, de nos diverses ressources ou « sub-personnalités », ce qui veut dire : savoir accéder à toutes, et les doser à chaque instant.

La médecine chinoise, prise « dans le sens du poil », offre cette possibilité d’une approche véritablement polyphonique, au sens défini ci-dessus. Reconnecter les fleurs de Bach à la médecine énergétique, à laquelle elles sont traditionnellement étrangères, c’est faire cesser un divorce qui n’a jamais eu lieu d’être. Les points d’acupuncture ayant une existence physique mesurable, c’est aussi les reconnecter au corps. En n’étant plus confinées à une action uniquement « émotionnelle », elles trouvent un nouveau souffle et gagnent des indications supplémentaires. Et vérifient cette évidence : le système immunitaire est la racine de l’être humain sur tous les plans, physique, émotionnel, mental.

Un nouvel avenir pour les fleurs de Bach ?

On peut donc envisager à terme une utilisation des fleurs de Bach dans les « chocs immunitaires » dûs à des thérapeutiques ou alimentations plus ou moins adaptées à l’être humain. Chocs dont le principe est simple : toute substance ou procédé qui contourne et court-circuite autoritairement et massivement les barrières du système immunitaire met forcément celui-ci dans un état de déséquilibre aux conséquences multiples, y compris probablement sur les plans émotionnel et relationnel, dès lors que le sens de l’identité est atteint.

Si un tel usage des fleurs de Bach se confirme, nous y gagnerons la possibilité de les utiliser dans des déséquilibres émotionnels non plus constitutifs ni acquis via des chocs émotionnels, mais secondaires à des chocs immunitaires. En clair, peut-être existe-t-il des « Holly-négatifs » qui ne l’auraient jamais été si on ne leur avait pas injecté ou fait absorber telle ou telle substance. Vastes recherches en perspective !

NB : les notions de "feu" et "d’eau" employées ici sont issues des huit trigrammes du Yi King et non de la théorie des cinq éléments (ou cinq mouvements). Il ne s’agit donc pas de l’axe été/hiver mais de l’axe printemps / automne.

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NOTES :

  • [1] Biocontact - 81601 Gaillac - France
  • [2] à condition bien entendu d’être préparées correctement, sans confusion avec d’autres procédés thérapeutiques
  • [3] Docteur Edward Bach, La guérison par les fleurs, Editions Le Courrier du Livre, Paris 1985 (page 104)
  • [4] Docteur Edward Bach, La guérison par les fleurs, Editions Le Courrier du Livre, Paris 1985 (page 104)